La France ainsi qu’une grande partie de l’Europe vivent un épisode caniculaire de forte intensité et à haut risque en particulier pour les plus vulnérables : les jeunes enfants, les personnes âgées ou non atteintes de pathologies graves, les personnes âgées isolées, etc.
Face à cette séquence éprouvante, chacun essaie de trouver une solution
et se met en quête d’un espace de fraîcheur en se rendant dans un supermarché, un centre commercial, un cinéma, une médiathèque, bref, un endroit climatisé.
Les images de gens faisant la queue dans des magasins spécialisés pour s’arracher qui un ventilateur, qui une clim mobile sont sidérantes !
D’autres se dirigent vers une piscine publique, à la condition que celle-ci soit opérationnelle !
D’autres encore profitent du petit matin pour aller faire un tour dans un parc ou un jardin public arboré, dans ce qu’on appelle un îlot de fraîcheur comme le plateau, le nouveau parc du Cèdre ou encore celui de la Colombière.
Dans ces endroits, la différence de température ressentie dépend bien sûr de la densité de la végétation et de la qualité de l’ombre produite par évapotranspiration assurée par les arbres.
Le principe est simple : les arbres puisent de l’eau dans le sol, cette eau est évaporée par les feuilles. C’est cette évaporation qui consomme de l’énergie, ce qui refroidit l’air environnant.
Pour rendre nos villes plus agréables et plus résilientes face au changement climatique, un ingénieur néerlandais en foresterie urbaine, Cecil Konijnendijk, propose une règle dite des 3-30-300 à ériger comme un principe d’urbanisme :
– 3 arbres visibles depuis chaque logement, école ou lieu de travail,
– 30 % de couverture arborée dans chaque quartier,
– 300 m maximum, jusqu’à un espace vert de qualité, soit à 5’ de marche.
Autant dire qu’on est loin du compte.
Ce sujet de la végétalisation a toujours intéressé plusieurs membres de notre association qui, dès 2023, ont déposé à la mairie un projet de création de Forêt Citoyenne sur la partie basse du plateau de Chenôve. Projet à réaliser en partenariat avec les élus et les services. Aucune réponse ne nous a été apportée ni même un simple accusé réception. Difficile à comprendre pour une Ville qui se dit si ouverte à la participation citoyenne ! On se méfie ici de l’initiative ascendante qui vient des habitants.
En fait, notre projet se voulait être démonstratif d’un fort engagement des habitants, jeunes comme adultes, dans une action éducative pour favoriser la prise de conscience de la fragilité de notre environnement et de la nécessité de protéger la flore, ici les arbres ainsi que la biodiversité afférente. Réfléchir et agir pour notre avenir en commun était notre mot d’ordre.
Aujourd’hui, il n’est plus temps de se lamenter. La dégradation du climat et les épisodes caniculaires qui vont se multiplier nous condamnent, condamnent les élus et les décideurs, à passer la vitesse supérieure en terme de réponses concrètes avec des exigences vis à vis des futures constructions. Le diagnostic est posé, maintenant il faut des réponses et des actes.
En particulier dans tous les futurs programmes d’urbanisation avec des bâtiments dotés d’une véritable isolation thermique et bénéficiant de réels îlots de fraîcheur en toute proximité. A quoi bon des immeubles neufs où il fait 35° à l’intérieur en plein cagnard et qui, de fait, sont des passoires thermiques
Il faudra déjà et en priorité, arrêter d’arracher les arbres plantés il y a 30 ou 40 ans, voire plus, et qui assurent ce rôle d’évapotranspiration. On pense en particulier à tous les feuillus sur la place Limburgerhof qui constituent une très belle canopée. Idem pour tous ceux qui sont sur l’emprise de l’ancienne CPAM Bd Bazin et qui forment un précieux écrin pour les futurs résidents qui seront accueillis dans des logements à venir. Un lieu qui pourrait être ouvert et servir de jardin public pour les habitants du quartier.
Il faudra également préserver les zones pavillonnaires dont beaucoup accueillent une importante végétation si nécessaire pour le rafraîchissement et la biodiversité.
Il faudra surtout, pour toutes les nouvelles constructions, avoir des exigences supérieures à celles qui figurent au PLUi-HD et faire en sorte que soient plantés en pleine terre de qualité, à proximité immédiate, de petits mais nombreux îlots de fraîcheur constitués d’arbres déjà bien formés et avec un entretien régulier les premières années (arrosage, tuteurage adapté et suivi de la croissance). C’est à ce prix que des arbres structurants et de grande hauteur joueront leur rôle au bout de quelques années.
Ce n’est toujours pas le cas dans beaucoup de programmes immobiliers récents qui ont été « décorés » de baliveaux assez malingres, dont personne ne s’occupe, qui ne sont pas arrosés durant les premières années et souvent plantés dans de la terre de remblais (Clos Carraz ou l’ensemble immobilier sur le site de l’ancienne clinique de Chenôve). Là on est clairement dans de la décoration avec des feuillus qui soit tirent la langue soit sont déjà crevés ! Aucun espace de fraîcheur à espérer de ce côté là.
Ce n’est pas comme cela qu’on va densifier la couverture arborée, la canopée , qui ne dépasse pas les 15 à 20 % dans nos quartiers urbains .
Mesdames, messieurs les personnels politiques, il va falloir être fermes et avoir des exigences vis à vis des promoteurs ! Vous avez aujourd’hui entre vos mains le sort des nouvelles générations qui aspireront à vivre le plus confortablement possible dans une ville attractive organisée pour faire face aux défis climatiques. L’adaptation de notre environnement est une urgence absolue !
La question n’est plus de savoir si les épisodes de canicules vont se répéter mais combien devrons nous en subir chaque année !

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