Dans une récente édition du quotidien régional (Le Bien Public du 3 août), il est fait état des travaux en cours de déconstruction partielle de la résidence Matisse à Chenôve. Le bailleur social Habellis engage la requalification des deux petits immeubles restant qui, espérons-le, feront l’objet d’une isolation thermique qui pourra bénéficier aux locataires.
De son côté, la Municipalité prévoit l’aménagement d’une forêt urbaine sur la parcelle acquise par la Ville, soit 223m2. La végétalisation des abords de ces deux nouveaux bâtiments est également prévue. Nous nous réjouissons de la mise en œuvre de ce projet tant par rapport à la dé densification du quartier que pour la création d’un îlot de fraîcheur.
Les arbres sont en effet de puissants régulateurs du climat urbain pour l’ombrage qu’ils apportent et le phénomène d’évapotranspiration.
Face à l’aggravation constatée du changement climatique, il convient de capter un maximum de dioxyde de carbone que nous rejetons outrageusement dans l’atmosphère. De très nombreuses initiatives de renaturation en ville sont conduites la plupart du temps par les municipalités qui ont et auront de plus en plus à gérer l’intensification et l’augmentation des vagues de chaleur et des nuits tropicales dans les années à venir.
Pour ce faire, plusieurs actions sont déjà entreprises comme par exemple la désimperméabilisation des cours d’écoles qui pourraient, le temps des vacances scolaires et durant certains week-ends, faire office d’îlots de fraîcheur accessibles aux riverains, les personnes âgées en particulier.
Pour autant, il faudra attendre deux voire trois décennies pour que les plantations d’aujourd’hui remplissent pleinement leur rôle et procurer de la fraîcheur. La vitesse de croissance des arbres dépendant de plusieurs facteurs, en particulier du choix des espèces susceptibles de s’adapter dans chaque région ainsi que de la qualité des sols et de leur préparation (terre et intrants). Dans les nouveaux programmes immobiliers, la qualité des sols laisse parfois à désirer (mélange de terre pauvre avec des gravats).
Une autre exigence à prendre en considération : l’arrosage dès la plantation et durant plusieurs années ! Nous constatons tous, surtout en cette période estivale, le dépérissement de très nombreux arbres plantés à l’automne dernier ou récemment au printemps et qui sont sur le point de crever faute essentiellement d’arrosage.
Pour preuve autour du lac Kir ou au parc de la Colombière mais aussi à proximité des nouvelles constructions à l’emplacement de la clinique de Chenôve ou sur des espaces récemment replantés. Partout ces nouvelles plantations sont victimes du stress hydrique.
Les pépiniéristes recommandent entre 6 et 8 arrosages par an, permettant ainsi aux racines de chercher l’eau en profondeur afin d’assurer à l’arbre un bon ancrage. Il est en effet important d’arroser les jeunes plantations avec méthode afin d’éviter de perdre tous les investissements : achat des arbres, intrants divers, tuteurs sans oublier la main d’œuvre (soit entre 200 et 300 euros par arbres tout compris.
L’eau est rare direz-vous ? Raison de plus pour la récupérer à chaque chute de pluie sur les toitures des bâtiments publics mais aussi des entreprises. Une nouvelle organisation/mutualisation pourrait se mettre en place et permettre ainsi le stockage de cette eau si précieuse afin d’assurer les arrosages de ces jeunes arbres, des massifs floraux, jardins partagés, etc. Sans doute également prévoir qui doit arroser les jeunes plants dans les nouveaux programmes immobiliers ? Co-propriétaires, locataires, syndic ?
Visiblement, rien n’est prévu et les jeunes arbres périclitent et qu’il faudra remplacer. Combien de fois ?
Une prise de conscience est absolument nécessaire si l’on veut que la renaturation du milieu urbain ne reste pas qu’un vague slogan (souvent électoral) pour être dans l’air du temps.
Avec la dégradation du climat et l’élévation des températures, les élus et autres décideurs ou aménageurs ont l’impérieux devoir de densifier la végétation en ville, partout où c’est possible afin de créer de la fraîcheur. Ceci en respectant les règles indispensables pour que ce geste soit utile et pérenne tout en constituant un apport qualitatif au paysage urbain.
Il faut planter le bon arbre au bon endroit afin de réduire l’effet îlot de chaleur urbain avant de pouvoir créer un îlot de fraîcheur.
Déjà en 1956, Georges Brassens affirmait qu’il « n’aurait jamais dû s’éloigner de son arbre » puisqu’il y vivait heureux. A l’avenir, c’est bien auprès de nouvelles canopées urbaines que nous trouverons, et surtout les générations qui nous suivent, un nécessaire et salutaire réconfort.
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