Des enfants qui murmurent à l’oreille des chevaux…

D’emblée, ce qui surprend lorsqu’on arrive à EQUI-SENS, à l’extrême nord du Plateau de Chenôve, c’est la chaleur de l’accueil.

Nous avons eu la chance, pour ce reportage, de rencontrer Sabine Chapuis, la fondatrice et directrice de l’association ainsi que Julien Blache et Charlene Étienne, tous deux moniteurs d’équitation.

Ces trois cadres sont bardés de diplômes leur permettant d’assurer leur travail de médiation équine dans les meilleures conditions et en toute sécurité pour les bénéficiaires.

EQUI-SENS accueille toutes les personnes en situation de handicap (mental, physique ou social, troubles divers, addictions, etc…) ou tout simplement en souffrance. Plus de 2000 accueils ont été réalisés en 2019 et pour des publics âgés de 3 à 70 ans !

L’association a vu le jour en 2007 à l’initiative de Sabine. Déjà installée à Marsannay-la-Côte (2007-2012), puis à Asnières-lès-Dijon (2012-2018), la structure s’implante sur le plateau de Chenôve, à proximité immédiate du Cercle Hippique Dijonnais (C.H.D.) avec lequel existe une excellente coopération qui passe, entre autres, par des échanges de services.

L’établissement possède neuf équidés : deux petits poneys shetland (Caprice et Ukraine), deux doubles-poneys (Little et Beautiful) et quatre chevaux (Sid, Patoche, Bambi et Pony).

EQUI-SENS propose ses services et prestations à tous, sans exception : les demandes proviennent donc d’une personne, d’une famille, d’une institution, d’un prescripteur médical, d’une équipe accompagnante….Le gain thérapeutique est conséquent pour tous les bénéficiaires : maintien du tonus musculaire afin d’éviter une aggravation des troubles squelettiques, accroissement de l’estime et de la confiance en soi, apaisement au contact de l’animal, dépassement de ses limites, etc…

C’est une véritable relation triangulaire qui s’établit ainsi entre le cheval, le professionnel et les bénéficiaires.

S’agissant des enfants accueillis, ils sont pris en charge et suivis chacun par le même éducateur. A l’issue d’environ 4 séances, une première évaluation est faite pour vérifier si l’enfant s’adapte bien à l’animal ainsi qu’à son encadrant.e. Plus tard et très régulièrement, des appréciations sont formulées pour mesurer les progrès accomplis par chaque enfant ou jeune. L’équipe a même prévu un changement d’éducateur si la relation avec un enfant ou un jeune s’avérait délicate.

Nous avons été très touchés en réalisant ce reportage de l’extrême gentillesse du personnel mais aussi du bonheur resplendissant, immédiatement perceptible, sur le visage d’une jeune adolescente infirme moteur cérébral qui venait avec sa maman pour une séance hebdomadaire. Son sourire inondait son joli minois, savourant ainsi avec anticipation la relation avec son animal préféré.

Même si les professionnels éducateurs possèdent d’excellentes compétences, les responsables nous ont confié combien il était important de pouvoir bénéficier de la présence des proches accompagnateurs durant chaque séance. Et comment ne pas être bouleversé par l’engagement de ces parents dont l’investissement total force le respect. Comme pour tout aidant, l’épuisement guette souvent. Au prix de moult privations, les parents accompagnateurs organisent toute leur vie autour de leur enfant en situation de handicap. Un véritable acte d’abnégation !

Sabine Chapuis aimerait élargir le public à des familles défavorisées qui n’ont pas connaissance de ces activités thérapeutiques qui seraient pourtant très bénéfiques pour leur enfant. Question de représentation, de tarifs, d’organisation ? Une orientation dont va se saisir le Conseil d’Administration.

L’alchimie qui se produit entre la monture et son cavalier est très positive : éveil des sens, interactivité, mieux-être, complicité avec un confident qui devient un ami…

Lorsque la personne souffre d’une importante infirmité, ce sont 3 professionnels qui sont mobilisés. Dans ce cas, la Maison Départementale des Personnes Handicapées (M.D.P.H. 21) apporte un complément de prestation. L’engagement social de ces trois professionnels, souvent suppléés par un ou plusieurs stagiaires (I.R.T.E.E.S., U.F.R. Staps, etc…) ainsi que par des professionnels du soin (kinésithérapeute, médecin pédopsychiatre, etc…) est largement favorisé par les magnifiques installations sorties de terre courant 2018.

Afin de soulager les éducateurs et de les assister lors des installations, guidances et descentes des cavaliers, l’association s’est équipée, grâce à la M.D.P.H. 21, d’un exosquelette qui réduit considérablement les risques professionnels de troubles musculo-squelettiques (T.M.S.).

Cette nouvelle structure conçue en mode éco-responsable (infrastructure en bois, chauffage solaire, récupération eaux de pluie) est particulièrement fonctionnelle. Bien réfléchie et conçue avec le concours d’un architecte, l’équipement a bénéficié d’importants moyens financiers provenant d’institutions et de collectivités diverses : Fonds européens, Ministère de la Jeunesse et des Sports, Conseil Régional Bourgogne, Conseil Départemental 21, Dijon Métropole, Ville de Chenôve, etc.

La récente période de confinement a interrompu brutalement tous les accueils, rendant subitement très compliquée la gestion de l’association, du fait de ce manque à gagner conséquent d’autant que les contributions des bénéficiaires constituent la principale ressource de l’association.

La reprise d’activité, très récente, fut accueillie comme une réelle délivrance pour les bénéficiaires.

Structure indispensable ( moralement et psychologiquement ) pour ces derniers et leur famille, EQUI-SENS a quasiment retrouvé la totalité de ses habitués en quelques jours.

De nombreux donateurs ont encouragé et encouragent encore EQUI-SENS. Mais les responsables souhaitent intéresser davantage les entreprises par le biais du mécénat afin de conforter économiquement l’association et permettre ainsi d’accueillir de nouveaux bénéficiaires inscrits, pour l’heure, sur liste d’attente. Seul un nouveau recrutement autoriserait cet élargissement.

Aujourd’hui, après le déconfinement, l’heure est à la stabilisation avec un fonctionnement qui retrouve une certaine normalité, avec toutes les précautions et le respect des gestes barrières.

Seule petite « inquiétude » : la vague de gestes criminels en direction des équidés mutilés ou tués (plus de 50 cas en France depuis février 2020) sans que personne ne comprenne les raisons d’un tel acharnement assassin.

Les responsables d’ EQI-SENS sont particulièrement vigilants. Tous les chevaux et poneys sont rentrés chaque soir dans les boxes surveillés à l’aide de caméras actives tandis que la gendarmerie réalise plusieurs rondes chaque nuit.

Mais l’équipe reste sereine et se concentre sur son projet associatif organisé autour de l’équithérapie qui permet de soulager et rééduquer des personnes en souffrance par l’intermédiaire du cheval. Et l’association EQUI-SENS a trouvé toute sa place à Chenôve grâce au soutien actif de la Municipalité qui conforte ainsi ses objectifs de davantage de solidarité et de réduction des inégalités sociales. Cette association en est la parfaite illustration.

N’hésitez surtout pas à aller les rencontrer. Vous y croiserez sans doute Victor, Clara, Amauri, Marius, Lou, Waël, Achille, Jean , Elsa ou Alexis, tous avec des visages resplendissants. Ça vous fera à vous aussi un bien fou !

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